Conversion de flotte : du diesel à l’électrique – feuille de route et pièges à éviter
16 octobre 2025

Conversion de flotte : du diesel à l’électrique – feuille de route et pièges à éviter

L’élan mondial pour un transport plus propre et plus durable transforme la façon dont les flottes fonctionnent. Les véhicules électriques (VE) ne sont plus une expérience de niche — ils sont une solution grand public. En 2023, les VE représentaient environ 18 % de toutes les ventes de véhicules dans le monde, contre 14 % en 2022. D’ici 2030, cette part devrait encore augmenter, l’Europe et la Chine montrant la voie.

Pour les exploitants de flottes, cela signifie une chose : la transition du diesel vers l’électrique n’est pas une question de si, mais de quand. Passer une flotte à l’électrique offre d’importantes opportunités d’économies, d’opérations plus propres et de conformité aux politiques climatiques. Mais ce n’est pas sans défis. Cette feuille de route met en évidence les étapes clés du succès et les pièges à éviter.

 

Étape 1 : Élaborer une stratégie claire

Chaque conversion réussie commence par un plan :
• Évaluer les itinéraires et les cycles de service : les trajets courts et prévisibles sont les premiers candidats idéaux.
• Définir des objectifs : aligner la conversion de la flotte sur les cibles de durabilité de l’entreprise ou les mandats gouvernementaux.
• Impliquer les parties prenantes : intégrer les conducteurs, les techniciens et les gestionnaires dès le départ.
Piège : se lancer dans des projets pilotes sans stratégie conduit souvent à des inefficacités et à une résistance du personnel.

 

Étape 2 : Comprendre le coût réel

Les VE peuvent être plus chers à l’achat, mais ils permettent des économies à long terme.
• Le coût total de possession (TCO) comprend la réduction des coûts de carburant (électricité), la maintenance diminuée et les subventions ou incitations potentielles.
• Intégrer les coûts énergétiques : les tarifs d’électricité, les frais de pointe et les stratégies de charge intelligente influent sur les résultats.
Piège : comparer uniquement les prix d’achat — sans tenir compte des économies à long terme et des incitations — entraîne des analyses de coûts trompeuses.

 

Étape 3 : Investir dans l’infrastructure de recharge

Sans recharge fiable, les flottes électriques ne peuvent pas fonctionner efficacement.
• La recharge au dépôt convient aux bus ou camionnettes de livraison avec des périodes d’arrêt nocturnes.
• La recharge rapide sur itinéraire soutient les véhicules à fort kilométrage ou longue distance.
• La charge intelligente réduit la pression sur le réseau et les factures d’énergie.
• L’intégration des énergies renouvelables (stations solaires ou stockage par batteries) pérennise les opérations.
Piège : sous-estimer les besoins en capacité du réseau ou retarder la coordination avec les services publics peut entraîner des arrêts coûteux.

 

Étape 4 : Former conducteurs et techniciens

Les opérations diesel et électriques ne sont pas les mêmes. La formation est essentielle :
Conducteurs : apprendre le freinage régénératif, les techniques d’optimisation de l’autonomie et la sécurité des VE.
Techniciens : acquérir des compétences en sécurité haute tension et en diagnostic des batteries.
Gestionnaires : utiliser la télématique et l’analyse de données pour optimiser la performance.
Piège : traiter les VE « comme des diesels » conduit à un gaspillage d’autonomie, à une manipulation dangereuse et à des coûts d’entretien plus élevés.

 

Étape 5 : Évoluer progressivement, apprendre continuellement

Commencer petit, collecter des données, puis étendre :
• Programmes pilotes : tester les VE sur des itinéraires sélectionnés.
• Utiliser la télématique : suivre la consommation d’énergie, le freinage régénératif et le comportement de charge.
• Itérer et optimiser : appliquer les leçons apprises avant d’étendre à toute la flotte.
Piège : se développer trop vite sans tirer les leçons des projets pilotes risque d’entraîner des actifs inutilisés et des perturbations opérationnelles.

 

Étape 6 : Planifier le cycle de vie et le recyclage des batteries

Les batteries des VE sont l’épine dorsale de la transition — mais elles présentent aussi des défis :
Dégradation : les batteries perdent de la capacité avec le temps ; l’analyse prédictive peut prolonger leur durée de vie.
Recyclage : jusqu’à 95 % des matériaux peuvent être récupérés, favorisant une économie circulaire.
Deuxième vie : les batteries de bus retirées peuvent être réutilisées pour le stockage stationnaire d’énergie.
Piège : ignorer la fin de vie des batteries risque de transformer les objectifs de durabilité en futurs problèmes de déchets.

 

Pièges courants dans l’électrification des flottes

  1. Négliger la préparation du réseau → entraînant des retards de recharge.

  2. Se concentrer uniquement sur le prix d’achat → en ignorant les économies sur le cycle de vie.

  3. Sauter la formation des conducteurs/techniciens → entraînant une utilisation inefficace et des risques de sécurité.

  4. Se développer trop rapidement → sans affiner les opérations.

  5. Absence de stratégie de recyclage → risque de réaction environnementale négative.

 

La route à suivre

L’électrification des flottes n’est pas seulement un exercice de conformité — c’est une occasion de pérenniser les opérations, de réduire les coûts et d’atteindre les objectifs climatiques. L’Europe mène avec des réglementations strictes et des incitations, tandis que le Moyen-Orient mise sur des méga-projets comme Saudi Vision 2030 et UAE Net Zero 2050 pour démontrer des flottes à émissions nulles. À l’échelle mondiale, des initiatives comme l’Electric Vehicle Initiative de l’AIE, AVERE et le Programme de mobilité du PNUE accélèrent cette transition.

Le message est clair : les politiques, la technologie et la planification doivent être alignées. Avec la bonne feuille de route — et en évitant les pièges courants — les flottes peuvent transformer la transition du diesel vers l’électrique en avantage concurrentiel.

KARSAN

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